# Comment traiter une poutre de salle de bain touchée par l’humidité ?

Les poutres apparentes dans une salle de bain représentent un véritable défi pour les propriétaires. Exposées quotidiennement à la vapeur d’eau, aux variations de température et à l’humidité ambiante élevée, ces structures en bois subissent des contraintes particulièrement sévères. Contrairement aux autres pièces de l’habitation, l’environnement de la salle de bain crée des conditions idéales pour le développement de champignons lignivores et la dégradation progressive du matériau. Cette problématique touche particulièrement les constructions anciennes où les bois structurels n’ont pas bénéficié de traitements préventifs modernes. Pourtant, identifier rapidement les signes d’atteinte et intervenir avec les techniques appropriées permet de préserver l’intégrité de ces éléments architecturaux tout en maintenant leur aspect esthétique. La clé réside dans une approche méthodique combinant diagnostic précis, traitement curatif ciblé et mesures préventives durables.

Diagnostic des dégâts causés par l’humidité sur les poutres en bois de salle de bain

Le diagnostic constitue l’étape fondamentale de toute intervention sur une poutre endommagée. Cette phase d’évaluation détermine non seulement l’ampleur des dégradations mais également la stratégie thérapeutique à adopter. Sans un diagnostic exhaustif, vous risquez de traiter uniquement les symptômes visibles tout en laissant progresser les attaques en profondeur. L’expertise doit être menée avec rigueur et méthode pour garantir la pérennité des travaux de rénovation.

L’examen visuel représente la première approche diagnostique. Observez attentivement la surface de la poutre pour identifier les décolorations, les zones ramollies ou les fissures anormales. Les changements de teinte, qu’ils tendent vers le brun foncé ou vers le blanc blanchâtre, constituent des indicateurs précoces d’une contamination fongique. La présence de filaments semblables à des toiles d’araignée ou d’excroissances cotonneuses signale une colonisation active par des champignons. N’oubliez pas d’inspecter les zones de contact entre la poutre et la maçonnerie, particulièrement vulnérables aux infiltrations d’humidité.

Identification des champignons lignivores : mérule pleureuse et coniophore des caves

La mérule pleureuse représente l’ennemi redouté des structures en bois anciennes. Ce champignon lignivore développe un mycélium blanc caractéristique capable de traverser les matériaux inertes pour atteindre de nouvelles sources de cellulose. Dans votre salle de bain, la mérule prolifère dans les zones confinées, particulièrement derrière les habillages de poutre ou dans les espaces peu ventilés. Son identification repose sur plusieurs indices : une odeur caractéristique de champignon, la présence de gouttelettes d’eau en surface (d’où son nom de « pleureuse »), et un mycélium blanc évoluant vers une teinte ocre orangée lors de la sporulation.

Le coniophore des caves, moins spectaculaire mais tout aussi destructeur, privilégie les bois résineux en contact avec la maçonnerie humide. Ce champignon produit des filaments brunâtres et provoque une décoloration jaunâtre du bois accompagnée d’un ramollissement progressif. Contrairement à la mérule, le coniophore nécessite un contact direct avec une source d’humidité permanente et ne peut traverser les matériaux inertes. Sa progression, bien que plus lente, compromet néanmoins la stabilité des éléments de charpente en quelques années si aucune intervention n

intervient. Au moindre doute, il est recommandé de faire confirmer le diagnostic par un professionnel du traitement du bois, car une erreur d’identification peut conduire à un traitement inadapté et à une récidive rapide.

Détection de la pourriture cubique et de la pourriture fibreuse

Au-delà des champignons spécifiques comme la mérule, l’humidité en salle de bain provoque fréquemment deux grandes formes de dégradation : la pourriture cubique (souvent appelée pourriture brune) et la pourriture fibreuse (ou pourriture blanche). La pourriture cubique se reconnaît à son aspect en « damier » : le bois se fissure perpendiculairement aux fibres et se fragmente en petits cubes brun foncé. En appuyant avec un tournevis, le matériau se casse net, comme un biscuit trop cuit.

La pourriture fibreuse, elle, donne au bois un aspect plus clair, parfois blanchâtre, avec des fibres qui se séparent facilement. Sous la pointe d’un tournevis, la surface devient spongieuse, molle, et se déchire en filaments. Sur une poutre de salle de bain, ce type de pourriture apparaît souvent autour des zones de stagnation d’eau ou au droit des fuites anciennes. Identifier précisément le type de pourriture permet d’anticiper la vitesse de propagation et le degré de perte de résistance mécanique.

Dans la pratique, il est fréquent de constater un mélange de ces deux dégradations, surtout sur les structures anciennes en chêne ou en résineux non traités. Vous pouvez réaliser un premier contrôle en comparant plusieurs zones : bois sain, bois légèrement taché et bois très dégradé. Si la transition est brutale et que la poutre sonne « creux » à certains endroits lorsque vous la frappez avec un maillet, vous êtes probablement en présence d’une attaque avancée nécessitant un traitement curatif plus lourd.

Mesure du taux d’humidité avec un humidimètre à pointes

Une fois les premiers signes visuels repérés, la mesure du taux d’humidité du bois constitue l’étape suivante du diagnostic. L’humidimètre à pointes reste l’outil le plus fiable pour ce type de contrôle sur poutre de salle de bain. Il suffit d’enfoncer les électrodes sur 10 à 20 mm de profondeur pour obtenir une lecture directe du pourcentage d’humidité contenu dans le bois massif. Réalisez plusieurs mesures : au centre de la poutre, près des appuis sur maçonnerie, et au droit de la douche ou de la baignoire.

En dessous de 16 % d’humidité, le bois est considéré comme sec et peu propice au développement de champignons lignivores. Entre 16 et 20 %, le risque devient modéré mais nécessite une surveillance, notamment dans une pièce aussi humide qu’une salle de bain. Au-delà de 20 %, les conditions sont réunies pour la germination des spores et la croissance active du mycélium. Si vous mesurez des valeurs supérieures à 25 %, il est probable que l’attaque fongique soit déjà en cours, même si les signes restent peu visibles en surface.

Pensez également à comparer les résultats entre cœur et surface du bois. Un gradient important (surface sèche, cœur humide) indique souvent une infiltration ou une condensation ancienne désormais en cours de séchage. À l’inverse, une humidité homogène élevée révèle une imprégnation profonde, typique d’une salle de bain mal ventilée ou d’une fuite persistante. Ce simple diagnostic à l’humidimètre conditionne le choix des techniques de séchage (ventilation renforcée, déshumidificateur, chauffage localisé) et la profondeur nécessaire pour l’injection des produits de traitement.

Évaluation structurelle de la capacité portante de la poutre

Diagnostiquer l’humidité ne suffit pas : il faut également vérifier si la poutre conserve sa capacité portante. Une poutre en apparence peu abîmée peut avoir perdu une grande partie de sa résistance mécanique en profondeur. Commencez par un contrôle « empirique » : inspection des flèches (fléchissement), recherche de fissures longitudinales importantes, observation des appuis sur murs porteurs. Une poutre qui s’affaisse, qui présente des déformations inhabituelles ou qui craque sous charge doit alerter immédiatement.

Vous pouvez compléter ce premier examen par des tests simples à l’aide d’un tournevis ou d’un poinçon. Enfoncez l’outil perpendiculairement aux fibres à intervalles réguliers. Si le bois s’écrase facilement sur plusieurs centimètres, il ne joue plus correctement son rôle structurel. À ce stade, il est généralement nécessaire de faire intervenir un charpentier ou un bureau d’études structure pour déterminer si un renforcement (prothèse métallique, résine, doublage) est indispensable.

Dans les salles de bain situées à l’étage, l’enjeu est encore plus critique, puisque la poutre supporte souvent un plancher, un cloisonnement et parfois une baignoire pleine. Un calcul de charge peut s’avérer utile pour quantifier la marge de sécurité restante. En cas de doute, ne prenez aucun risque : une poutre fragilisée par l’humidité et les champignons doit être traitée comme une priorité pour la sécurité des occupants.

Traitement curatif des poutres infectées par xylophages et champignons

Une fois le diagnostic posé, vient l’étape du traitement curatif des poutres de salle de bain. L’objectif est double : éradiquer les champignons lignivores et les insectes xylophages, puis redonner au bois une structure saine et durable. Le protocole associe généralement plusieurs techniques : traitement chimique, nettoyage mécanique, et, si nécessaire, reconstitution ou renforcement de la section.

Application de fongicide professionnel au bore ou au xylophène

La première ligne de défense repose sur l’application d’un fongicide professionnel adapté aux milieux très humides. Les formulations à base de bore (sels de bore, acide borique) sont particulièrement appréciées pour leur efficacité contre la plupart des champignons lignivores et leur persistance dans le temps. Elles pénètrent profondément dans les fibres et restent actives tant que le bois conserve une légère humidité interne, ce qui est souvent le cas dans une salle de bain.

Les produits de type Xylophène ou équivalents professionnels (version curative, insecticide-fongicide) constituent une autre solution efficace, notamment lorsque la poutre est également attaquée par des insectes xylophages (capricornes, vrillettes). Avant toute application, il est indispensable de mettre le bois à nu : suppression totale des peintures, vernis, lasures ou plâtres qui empêcheraient la pénétration du traitement. Le support doit être propre, dépoussiéré et idéalement légèrement sec en surface.

Le fongicide est ensuite appliqué au pinceau, au rouleau ou par pulvérisation basse pression, en insistant sur les zones les plus touchées (pieds de poutres, zones au-dessus de la douche, liaisons avec les murs). Deux à trois couches « mouillé sur mouillé » sont généralement recommandées pour saturer la fibre. N’oubliez pas les consignes de sécurité : port de gants, masque, lunettes, et aération maximale de la pièce pendant et après les travaux. Ces produits restent des biocides puissants qu’il convient de manipuler avec précaution.

Injection de produit insecticide-fongicide par seringue haute pression

Lorsque la poutre présente une forte section ou que l’attaque est profonde, une simple application en surface ne suffit plus. Il devient alors nécessaire de recourir à l’injection de produit insecticide-fongicide par seringue haute pression. Cette technique consiste à percer la poutre à intervalles réguliers (tous les 20 à 30 cm), avec des trous de 8 à 12 mm de diamètre inclinés légèrement vers le bas pour retenir le produit.

Des injecteurs (ou chevilles d’injection) sont ensuite positionnés dans chaque perçage. À l’aide d’une pompe spécifique ou d’une seringue haute pression, le technicien injecte le produit curatif à une pression de 2 à 4 bars. Sous l’effet de la pression, le traitement se diffuse dans le réseau de fibres, atteignant le cœur du bois et les galeries d’insectes éventuellement présentes. Cette méthode est particulièrement pertinente pour les poutres de plancher ou de charpente anciennement non traitées.

Une fois l’injection terminée, les injecteurs peuvent être laissés en place (solution pratique en cas de contrôle futur) ou retirés, puis les trous rebouchés avec une pâte à bois ou une résine adaptée. Cette approche lourde représente un investissement plus important, mais elle constitue souvent la seule alternative à un remplacement partiel ou total de la poutre lorsqu’on souhaite conserver l’esthétique d’une charpente apparente dans la salle de bain.

Sablage et brossage mécanique des parties dégradées

Le traitement chimique doit être complété par un décapage mécanique rigoureux des zones dégradées. Le brossage énergique au moyen de brosses métalliques permet d’éliminer le mycélium en surface, les spores et les fibres de bois déjà décomposées. En travaillant dans le sens des fibres, vous mettez progressivement à jour le bois sain, plus dur et de coloration normale. Cette étape est indispensable pour éviter que des foyers fongiques ne subsistent sous une simple couche de finition.

Pour les poutres très encrassées ou couvertes d’anciens revêtements, un sablage léger peut être envisagé. Réalisé avec des granulats fins et à pression modérée, il nettoie en profondeur sans creuser exagérément le bois. Dans une salle de bain occupée, cette solution doit toutefois être bien préparée : protection complète des surfaces, aspiration performante, et port d’un équipement de protection individuelle. Le sablage révèle également plus clairement l’étendue des cavités et des zones fragilisées qui devront être reconstituées.

Après brossage ou sablage, aspirez soigneusement tous les résidus de poussière et de bois pourris. Ne laissez pas ces débris stagner dans la pièce : ils contiennent souvent des spores et des fragments de mycélium susceptibles de redémarrer une contamination. L’évacuation en sac fermé, suivie d’un nettoyage humide du chantier, participe pleinement à la réussite du traitement curatif des poutres de salle de bain.

Reconstitution des zones endommagées avec résine époxy bi-composant

Lorsque l’humidité et les champignons ont creusé des cavités importantes ou amincit sérieusement la section de la poutre, il est possible de reconstituer localement le bois grâce à des résines époxy bi-composants. Ces produits, comme certains durcisseurs de bois ou résines de reconstruction, pénètrent dans les fibres résiduelles, les consolident, puis forment une matière dure aux performances mécaniques souvent supérieures à celles du bois d’origine.

La mise en œuvre se déroule en plusieurs étapes. Vous commencez par évider complètement les parties friables, jusqu’à atteindre un bois sain, dur sous la lame. Ensuite, vous appliquez éventuellement un primaire imprégnant (type durcisseur époxy fluide) qui va stabiliser la zone. Une fois ce primaire sec, vous préparez la résine de rebouchage en respectant scrupuleusement les proportions de mélange entre résine et durcisseur, puis vous la mettez en place à la spatule ou au couteau à enduire.

Dans les cas de forte sollicitation mécanique, on peut intégrer des armatures en fibres de verre ou des tiges métalliques noyées dans la résine pour renforcer la liaison. Après polymérisation complète (généralement 24 heures), la surface peut être poncée, sculptée, voire teintée pour se rapprocher de l’aspect de la poutre d’origine. Cette technique permet de conserver l’authenticité visuelle de la structure apparente tout en compensant les pertes de matière dues à l’humidité et aux champignons lignivores.

Installation d’une ventilation mécanique contrôlée pour éliminer l’humidité résiduelle

Aucun traitement curatif ne sera durable si l’ambiance de la salle de bain reste saturée en vapeur d’eau. L’installation d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC) adaptée constitue donc un volet essentiel du projet. Une VMC simple flux hygroréglable ou, mieux encore, une VMC double flux permet d’extraire en continu l’air humide produit par les douches, bains et lavabos, tout en assurant un apport régulier d’air neuf.

Concrètement, la bouche d’extraction doit idéalement être positionnée au plus près de la zone de forte production de vapeur (douche, baignoire) tout en respectant les règles de sécurité électrique en volume de salle de bain. Une VMC sous-dimensionnée ou mal entretenue sera peu efficace : vérifiez les débits nécessaires (généralement 15 à 30 m³/h en continu, avec possibilité de surventilation ponctuelle) et nettoyez régulièrement les filtres et bouches d’extraction. Une bonne ventilation est à la fois la « soupape » de sécurité et l’assurance d’un taux d’humidité relative maîtrisé autour de 50–60 %.

Dans les rénovations, il est aussi possible d’opter pour des extracteurs d’air temporisés ou hygrostatés installés en façade ou en toiture. Ils se déclenchent automatiquement dès que l’hygrométrie dépasse un certain seuil ou lors de l’allumage de la lumière. Ce type de dispositif, couplé à un bon calfeutrement des fuites d’eau et à un usage raisonné de la salle de bain (portes fermées, aération après douche), contribue directement à préserver les poutres en bois sur le long terme.

Application de produits hydrofuges et lasures microporeuses protectrices

Une fois le bois assaini et la ventilation optimisée, il est temps de protéger la poutre contre les nouvelles agressions d’humidité. Dans une salle de bain, la finition ne doit pas seulement être esthétique : elle doit agir comme un véritable bouclier hydrofuge tout en laissant le bois respirer. C’est tout l’intérêt des lasures microporeuses et des traitements hydrofuges incolores spécialement formulés pour les pièces humides.

Choix entre lasure aqueuse V33 et lasure alkyde syntilor pour bois intérieurs

Pour une poutre de salle de bain, vous avez principalement le choix entre des lasures aqueuses (à l’eau) et des lasures alkydes (en phase solvant). Les lasures aqueuses V33, par exemple, présentent l’avantage d’un séchage rapide, d’une faible odeur et d’une bonne compatibilité avec les environnements intérieurs occupés. Elles limitent l’émission de COV tout en offrant une protection hydrofuge satisfaisante pour des projections d’eau occasionnelles et une forte humidité ambiante.

Les lasures alkydes, comme certaines gammes intérieures Syntilor, sont souvent plus « grasses » et pénètrent plus profondément dans le bois. Elles procurent une excellente résistance à l’eau et une grande durabilité, au prix d’un temps de séchage plus long et d’une odeur plus marquée. Dans une salle de bain, elles sont particulièrement intéressantes pour les poutres proches de la douche ou situées sous une zone de condensation récurrente.

Votre choix dépendra donc de vos contraintes : besoin de remise en service rapide, sensibilité aux odeurs, aspect souhaité (mat, satiné, légèrement teinté). Dans tous les cas, privilégiez des produits mentionnant explicitement une résistance à l’humidité élevée et une fonction microporeuse, afin de laisser la vapeur d’eau résiduelle s’évacuer sans cloquage ni écaillage de la finition.

Technique d’application en trois couches croisées au pinceau spalter

Pour garantir une protection durable, la technique d’application de la lasure joue un rôle déterminant. Après un ponçage léger et un dépoussiérage minutieux, appliquez une première couche diluée si le fabricant le préconise (souvent appelée couche d’impression). Utilisez un pinceau spalter large et souple pour étirer le produit dans le sens des fibres, puis « croisez » légèrement les passes pour éviter les surépaisseurs.

La deuxième couche, appliquée après le séchage complet de la première, commencera à constituer la véritable barrière hydrofuge. Travaillez par petites surfaces pour maintenir un « bord humide » et éviter les reprises visibles. Dans les zones les plus exposées à la vapeur d’eau (au-dessus de la douche, près des fenêtres de salle de bain), n’hésitez pas à insister et à repasser plusieurs fois pour bien saturer la fibre.

Une troisième couche, facultative selon les produits mais fortement recommandée dans un environnement aussi sévère, viendra parfaire la protection et l’uniformité esthétique. Cette application en trois couches croisées crée une enveloppe continue, un peu comme un imperméable respirant qui empêche l’eau de pénétrer tout en laissant circuler la vapeur interne. À long terme, cette finition réduira considérablement les risques de reprise d’humidité dans la poutre.

Temps de séchage et conditions thermohygrométriques optimales

Pour que les produits hydrofuges et les lasures déploient pleinement leur efficacité, il est essentiel de respecter les temps de séchage et les conditions d’application. La plupart des fabricants recommandent une température ambiante comprise entre 12 et 25 °C et une humidité relative inférieure à 65 %. Dans une salle de bain, cela implique souvent de neutraliser provisoirement les sources de vapeur (douches, bains) et de maintenir une ventilation renforcée pendant toute la durée des travaux.

Entre deux couches, un temps de séchage de 6 à 12 heures est généralement indiqué, parfois plus pour les produits en phase solvant. Ne soyez pas tenté de précipiter les opérations : une couche appliquée sur un film encore poisseux risque de piéger des solvants ou de l’eau, créant ultérieurement des cloques ou un manque d’adhérence. Attendez toujours que la surface soit sèche au toucher et que l’odeur se soit nettement atténuée avant de poursuivre.

Après la dernière couche, il est conseillé d’attendre au moins 24 à 48 heures avant de soumettre la poutre à une humidité intense. Pensez à laisser la VMC en fonctionnement continu et, si possible, à maintenir la porte de la salle de bain entrouverte pour favoriser l’évacuation des solvants et de la vapeur d’eau. Cette patience vous garantit une protection optimale et une longévité accrue de votre finition.

Renforcement structurel par prothèse métallique ou résine composite

Lorsque le diagnostic a révélé une perte de section importante ou une baisse significative de la capacité portante, un simple traitement curatif ne suffit plus. Il devient alors nécessaire de renforcer la poutre par adjonction de prothèses métalliques ou de résines composites. L’objectif est de redonner à l’ouvrage sa résistance initiale, voire de l’augmenter, tout en conservant autant que possible l’esthétique d’origine dans la salle de bain.

Les solutions métalliques classiques (platines, cornières, fers en T ou en U) sont fixées de part et d’autre de la poutre à l’aide de boulons traversants. Elles reprennent une partie des efforts de flexion et de cisaillement, notamment dans les zones altérées. Ce type de renfort est particulièrement adapté lorsque les dégradations sont localisées au milieu de la portée ou au niveau des appuis. Il nécessite cependant un calcul de dimensionnement précis et la prise en compte des contraintes de corrosion en milieu humide (acier galvanisé ou inox recommandé).

Les renforts par résines composites et fibres de carbone représentent une alternative plus discrète et performante. Des bandes de fibres de carbone imprégnées de résine époxy sont collées sur la face comprimée ou tendue de la poutre, augmentant considérablement sa capacité à reprendre les charges sans ajouter de poids significatif. Une fois peintes ou lasurées, ces bandes deviennent presque invisibles, ce qui en fait une solution particulièrement appréciée dans les salles de bain à forte valeur patrimoniale.

Dans tous les cas, ces interventions structurelles doivent être confiées à un professionnel (charpentier, ingénieur structure, entreprise spécialisée dans la réparation du bois). Un calcul de charge, un plan de pose et une traçabilité des produits utilisés (résines, aciers, ancrages) sont indispensables, d’autant plus que la salle de bain constitue un local à risques du point de vue des assurances. Un renforcement bien conçu vous permettra de profiter sereinement de votre pièce d’eau sans craindre pour la stabilité des planchers et des cloisons adjacentes.

Prévention des récidives : étanchéité et contrôle hygrométrique permanent

Après avoir traité et éventuellement renforcé votre poutre de salle de bain, la dernière étape consiste à prévenir toute récidive. Comme pour une maladie chronique, le bois reste sensible aux déséquilibres hygrométriques. L’objectif est donc de maîtriser les apports d’eau (fuites, projections, condensation) et de maintenir un climat intérieur stable dans le temps. C’est ici qu’interviennent les dispositifs d’étanchéité, de déshumidification et de surveillance.

Pose de membrane pare-vapeur et joint d’étanchéité élastomère

Dans les zones directement exposées à la vapeur d’eau (plafonds au-dessus de la douche, cloisons attenantes, coffrages de poutres), la pose d’une membrane pare-vapeur continue constitue une barrière efficace. Placée côté chaud de la paroi, entre l’isolant et le parement (BA13 hydro, lambris PVC, panneaux de fibres), elle limite fortement la migration de la vapeur vers les éléments en bois. Les membranes modernes en polyéthylène ou en films techniques doivent être soigneusement jointoyées au moyen de bandes adhésives spécifiques.

Les points singuliers, comme les traversées de poutres, les jonctions avec les murs ou les gaines techniques, doivent être traités avec une attention particulière. L’utilisation de mastics et joints d’étanchéité élastomères (type silicone sanitaire ou MS polymère) permet de combler les micro-espaces où la vapeur pourrait s’infiltrer. Pensez, par exemple, au contact entre un habillage de douche et une poutre apparente : un joint souple discret, bien entretenu, peut faire toute la différence pour éviter qu’une humidité insidieuse ne s’installe dans le temps.

Installation d’un déshumidificateur électrique à condensation

Dans certaines configurations, notamment dans les salles de bain situées en combles ou dans les maisons anciennes peu isolées, la VMC ne suffit pas toujours à maintenir une hygrométrie raisonnable. L’ajout d’un déshumidificateur électrique à condensation peut alors apporter une sécurité complémentaire. Cet appareil aspire l’air humide, le fait passer sur un évaporateur froid qui condense la vapeur d’eau, puis rejette un air plus sec dans la pièce.

Pour une salle de bain de taille standard, un modèle domestique de 10 à 20 litres par jour de capacité de déshumidification est généralement suffisant. Placez l’appareil à distance raisonnable des projections d’eau, mais dans une zone où l’air circule bien. Certains modèles sont équipés d’un hygrostat intégré qui déclenche le fonctionnement dès que l’humidité dépasse un seuil paramétré (par exemple 60 %), optimisant ainsi la consommation énergétique.

En complément de la VMC, ce type de déshumidificateur permet de gérer les pics d’humidité liés à une utilisation intensive (famille nombreuse, séries de douches) et de protéger durablement les poutres, menuiseries et revêtements de la salle de bain. C’est un investissement relativement modeste au regard des coûts potentiels d’un nouveau traitement curatif ou d’un renforcement structurel.

Surveillance du taux d’humidité relative avec hygromètre numérique

Enfin, pour piloter efficacement tous ces dispositifs, il est indispensable de surveiller régulièrement le taux d’humidité relative de la salle de bain. Un simple hygromètre numérique, souvent associé à un thermomètre, vous donne en temps réel le pourcentage d’humidité ambiante. Idéalement, ce taux devrait se situer entre 45 et 60 % en régime stabilisé, avec des pics temporaires après la douche qui redescendent rapidement grâce à la ventilation.

Installez l’hygromètre à un endroit représentatif de l’ambiance de la pièce, ni trop près de la douche, ni collé à un radiateur. En observant l’évolution des valeurs sur plusieurs jours ou semaines, vous pourrez ajuster les réglages de la VMC, la durée d’utilisation du déshumidificateur ou encore vos habitudes (temps de douche, ouverture de fenêtre). Si vous constatez que l’humidité reste durablement au-dessus de 65 %, il est temps d’investiguer à nouveau : fuite cachée, pont thermique, défaut d’isolant ou pare-vapeur mal posé peuvent être en cause.

Cette surveillance continue agit un peu comme un « tableau de bord » de la santé de votre salle de bain et de ses poutres en bois. En agissant dès les premiers signes de dérive, vous évitez que l’humidité ne s’installe durablement, ne réactive les champignons lignivores et ne compromette à nouveau la structure. Couplés à un bon entretien des finitions (contrôle des lasures, joints, peintures), ces gestes simples vous permettront de profiter longtemps de vos poutres apparentes, même au cœur d’une pièce aussi exigeante que la salle de bain.