La rénovation intérieure implique de nombreuses décisions techniques, et le choix du matériau pour vos cloisons figure parmi les plus stratégiques. Entre les panneaux OSB (Oriented Strand Board) et les plaques de plâtre traditionnelles, communément appelées placo, les propriétaires et professionnels du bâtiment s’interrogent régulièrement sur la solution optimale. Cette décision influence directement le coût, la durabilité, l’isolation et l’esthétique de vos espaces intérieurs. Dans un marché de la rénovation qui représente plus de 45 milliards d’euros annuels en France, comprendre les spécificités techniques de chaque matériau devient essentiel pour optimiser votre investissement immobilier.

Caractéristiques techniques des panneaux OSB oriented strand board

L’OSB constitue un panneau de particules orientées fabriqué à partir de copeaux de bois résineux disposés en couches croisées. Cette structure confère au matériau ses propriétés mécaniques exceptionnelles et sa stabilité dimensionnelle remarquable. Les lamelles, d’une longueur comprise entre 50 et 100 millimètres, sont liées par des résines phénol-formaldéhyde ou polyuréthane sous haute pression et température. Cette technologie de fabrication, développée dans les années 1970 en Amérique du Nord, représente aujourd’hui une alternative performante aux contreplaqués traditionnels.

La densité des panneaux OSB varie généralement entre 600 et 680 kg/m³, garantissant un excellent rapport poids-résistance. Cette caractéristique facilite considérablement la manipulation et le transport sur chantier, tout en conservant une robustesse structurelle supérieure aux plaques de plâtre. La surface rugueuse typique de l’OSB résulte de l’orientation des copeaux en surface, créant une texture distinctive appréciée dans les aménagements contemporains au style industriel.

Classification OSB/1, OSB/2, OSB/3 et OSB/4 selon la norme EN 300

La norme européenne EN 300 établit une classification rigoureuse des panneaux OSB selon leurs conditions d’utilisation et leurs performances structurelles. L’OSB/1 correspond aux applications non structurelles en milieu sec, principalement destiné à l’ameublement et aux éléments décoratifs. Cette catégorie présente une résistance mécanique limitée et ne convient pas aux cloisons porteuses.

L’OSB/2 offre des performances structurelles en milieu sec, adapté aux planchers et cloisons non exposées à l’humidité. Sa résistance à la flexion atteint 20 N/mm² minimum, permettant des applications plus exigeantes. L’OSB/3, le plus répandu dans la construction, supporte les contraintes structurelles en conditions humides avec une résistance à la flexion de 22 N/mm² et un gonflement maximal de 15% après 24 heures d’immersion.

L’OSB/4 représente le haut de gamme avec des performances structurelles renforcées en milieu humide. Sa résistance à la flexion dépasse 30 N/mm², et son taux de gonflement reste inférieur à 12%. Cette classe convient parfaitement aux applications extérieures sous abri et aux environnements particulièrement exigeants.

Résistance mécanique et module d’élasticité des panneaux kronospan et egger

Les fabricants européens comme Kronospan et Egger proposent des panneaux OSB aux performances mécaniques optimis

ées pour répondre aux exigences des chantiers modernes. Pour un panneau OSB/3 de 12 mm d’épaisseur, on observe typiquement une résistance en flexion parallèle aux grandes lamelles comprise entre 18 et 22 N/mm², avec un module d’élasticité (MOE) de 3500 à 4500 N/mm². Les versions en 15 ou 18 mm montent fréquemment à 20–24 N/mm² avec un MOE dépassant les 4500 N/mm², ce qui les rend adaptées aux cloisons bois travaillantes et aux contreventements d’ossature.

La particularité des panneaux Kronospan et Egger réside dans la maîtrise de l’orientation des lamelles en faces externes, qui améliore la rigidité dans le sens longitudinal. Concrètement, cela signifie que pour une cloison en OSB, vous obtenez un voile de contreventement qui limite efficacement les déformations, même avec une ossature relativement légère. Pour des applications intérieures non porteuses, un OSB/3 de 12 mm suffit le plus souvent, mais pour des cloisons susceptibles de reprendre des efforts (mezzanines industrielles, ateliers), le passage en 15 ou 18 mm sécurise le projet.

Dans les fiches techniques Kronospan et Egger, vous retrouverez également des valeurs de résistance au cisaillement dans le plan, essentielles pour le dimensionnement des murs de contreventement. Ces valeurs, qui tournent autour de 2,5 à 3,5 N/mm², expliquent pourquoi l’OSB est massivement utilisé dans les maisons à ossature bois et les aménagements de combles aménageables, là où le placo ne joue aucun rôle structurel.

Comportement à l’humidité et taux de gonflement selon NF EN 317

La norme NF EN 317 définit les méthodes d’essai de gonflement en épaisseur après immersion dans l’eau pendant 24 heures. Pour vous, maître d’ouvrage ou bricoleur, cela se traduit très concrètement par la capacité d’un panneau OSB à rester stable dans le temps dans un local légèrement humide (garage, combles ventilés, cave semi-enterrée). Un OSB/2 présente typiquement un gonflement de 20 à 25 % après immersion, quand un OSB/3 descend plutôt sous les 15 %, et un OSB/4 peut approcher les 10–12 %. Plus ce taux est faible, moins le panneau se déforme en présence d’humidité.

Dans une cloison intérieure classique, le taux d’humidité reste relativement faible, mais les variations saisonnières peuvent provoquer des mouvements dimensionnels. C’est là que le choix entre OSB/2 et OSB/3 devient stratégique. Pour une cloison de pièce de vie chauffée, hors zone humide, un OSB/2 est généralement suffisant. En revanche, pour des combles aménageables sous toiture, un garage ou un atelier non chauffé, l’OSB/3 apporte une marge de sécurité appréciable, notamment en cas de condensation accidentelle ou de micro-infiltrations.

Il convient également de garder à l’esprit que les chants des panneaux sont les plus sensibles aux reprises d’humidité. Une bonne pratique consiste à soigner les coupes, à ménager des joints de dilatation de 2 à 3 mm entre panneaux, et éventuellement à protéger les chants visibles par une peinture ou un vernis. Ainsi, même si l’OSB n’est pas un matériau hydrofuge à proprement parler, son comportement à l’humidité reste largement compatible avec un usage en cloison intérieure, à condition de respecter les prescriptions de pose.

Épaisseurs disponibles de 6mm à 25mm pour cloisons verticales

Les panneaux OSB destinés aux cloisons existent dans une large gamme d’épaisseurs, généralement de 6 à 25 mm. En rénovation intérieure, les épaisseurs les plus courantes pour une cloison OSB sont 9, 12 et 15 mm. Un panneau de 9 mm sera privilégié pour des parements décoratifs ou des doublages non structurels, là où la recherche principale est le rendu bois et la facilité de fixation d’objets légers. Pour une cloison séparative courante, 12 mm offre un excellent compromis entre rigidité, poids et coût.

Au-delà de 15 ou 18 mm, on s’oriente plutôt vers des applications spécifiques, comme le contreventement d’ossatures bois fortement sollicitées, les ateliers industriels ou les parois très sollicitées mécaniquement (gymnases, locaux techniques). L’augmentation d’épaisseur améliore la tenue des vis, limite le flambement des montants et améliore légèrement le confort acoustique par augmentation de masse. En revanche, le poids au m² augmente significativement, ce qui peut compliquer la manutention en rénovation, notamment dans des combles difficiles d’accès.

Pour un particulier souhaitant rénover ses cloisons, une bonne règle de choix est la suivante : 9 mm pour des habillages légers sur mur existant, 12 mm pour des cloisons non porteuses de pièces de vie, 15 mm et plus pour les cloisonnements d’atelier, de garage ou les mezzanines industrielles. Vous pouvez également combiner un OSB de 9 ou 12 mm derrière une plaque de plâtre pour bénéficier à la fois de la robustesse du bois et de la finition lisse du placo.

Propriétés structurelles des plaques de plâtre BA13 et BA18

Face aux panneaux OSB, les plaques de plâtre BA13 et BA18 restent la référence des chantiers de rénovation. Si elles ne jouent pas un rôle structurel au sens strict, leurs propriétés mécaniques, leur comportement au feu et leurs performances acoustiques en font un matériau quasi incontournable. Avant de trancher entre cloison OSB ou placo, il est donc indispensable de comprendre ce qu’offre réellement une cloison en plaque de plâtre moderne.

Composition du plâtre naturel et parement cartonné knauf et placo®

Les plaques de plâtre commercialisées par les grands industriels comme Knauf ou Placo® sont constituées d’un cœur en plâtre naturel ou en plâtre synthétique, pris en sandwich entre deux parements cartonnés. Le plâtre est obtenu à partir du gypse, une roche sédimentaire abondante en France, simplement déshydratée puis réhydratée lors de la fabrication. Ce procédé confère au matériau son caractère minéral et ses excellentes performances en termes de régulation hygrométrique et de réaction au feu.

Le parement cartonné, issu en grande partie de fibres recyclées, joue un rôle double : il donne sa rigidité à la plaque et fournit une surface régulière idéale pour les finitions (peinture, enduit décoratif, papier peint). Sur un chantier de rénovation, cela signifie que vous disposez d’un support immédiatement prêt à être jointoyé puis décoré, sans ponçage structurel ni préparation lourde. La version standard BA13 (13 mm) pèse environ 8,5 à 10 kg/m², tandis que le BA18 monte plutôt à 13–14 kg/m², apportant une meilleure inertie acoustique et mécanique.

Knauf et Placo® déclinent ces plaques dans diverses variantes techniques (hydrofuges, phoniques, haute dureté, etc.) en conservant ce principe de base plâtre + carton. C’est cette standardisation qui rend le placo si attractif en rénovation : vous savez que, quelle que soit la gamme choisie, la compatibilité avec les ossatures métalliques et les systèmes d’enduits est assurée.

Résistance au feu classement M1 et performances coupe-feu EI 60

Le plâtre étant un matériau minéral contenant chimiquement de l’eau de cristallisation, les plaques de plâtre présentent une excellente réaction au feu. Dans la plupart des systèmes, elles sont classées A2-s1,d0 (anciennement M1 en France pour la réaction au feu), c’est-à-dire pratiquement incombustibles et faiblement émissives en fumées. Concrètement, en cas d’incendie, le plâtre ralentit fortement la montée en température des éléments porteurs situés derrière la cloison, grâce à la libération progressive de vapeur d’eau.

En montage sur ossature métallique avec isolant, les systèmes certifiés peuvent atteindre des performances coupe-feu EI 30, EI 60, voire EI 120 selon l’épaisseur, le nombre de parements et la nature de l’isolant. Une cloison en double parement BA13 de chaque côté, avec laine minérale, peut par exemple offrir un classement EI 60, couramment utilisé pour les circulations des logements collectifs ou les locaux recevant du public. Pour une rénovation de maison individuelle, viser un système EI 30 ou EI 60 sur les zones sensibles (garage communiquant, cage d’escalier) constitue déjà un énorme gain de sécurité par rapport à des solutions bois non protégées.

À l’inverse, l’OSB, même s’il existe des panneaux traités, reste un matériau combustible. C’est pourquoi, dans les projets où la réglementation incendie est exigeante, le recours au placo, éventuellement combiné à un OSB de renfort derrière, s’impose comme une solution rationnelle. Vous bénéficiez à la fois de la robustesse du bois et de la protection au feu du plâtre.

Isolation phonique DnT,w et absorption acoustique des plaques phonique

Sur le plan acoustique, les plaques de plâtre montrent tout leur potentiel lorsqu’elles sont intégrées dans un système complet cloison + ossature + isolant. Les fabricants comme Placo® et Knauf annoncent pour leurs systèmes standards des indices d’affaiblissement acoustique Rw de l’ordre de 40 à 45 dB pour une cloison simple en BA13 de chaque côté sur ossature métallique et laine minérale de 45 à 70 mm. En situation réelle, l’indice DnT,w (qui tient compte de la mise en œuvre et des liaisons) avoisine 35 à 40 dB, suffisant pour séparer convenablement deux chambres ou un séjour et un bureau.

Les plaques phoniques spécifiques, plus denses (type Placo® Phonique ou Knauf Silentboard), améliorent encore ces performances en augmentant la masse surfacique et en optimisant la rigidité du parement. Dans une rénovation visant un haut confort acoustique, une cloison en double BA13 phonique de chaque côté, avec isolant de 70 mm, peut atteindre des affaiblissements supérieurs à 50 dB. C’est un niveau difficile à obtenir uniquement avec des panneaux OSB, sauf à augmenter fortement l’épaisseur et la masse.

Il ne faut cependant pas confondre isolation et absorption acoustique. Les plaques de plâtre sont plutôt réfléchissantes, mais elles peuvent être perforées dans des systèmes de plafonds acoustiques pour absorber le son. Pour vos cloisons, c’est surtout la combinaison masse (placo) + ressort (isolant) qui fait la différence. Si vous cherchez avant tout une cloison acoustique performante entre deux pièces de vie, le système placo reste donc plus performant qu’un simple parement OSB.

Variantes hydrofuges H1 et haute dureté impact pour locaux humides

Dans les pièces humides comme les salles de bains, buanderies ou cuisines, les plaques de plâtre hydrofuges de type H1 (souvent de couleur verte) sont désormais la norme. Leur cœur de plâtre est formulé pour réduire l’absorption d’eau, et le parement cartonné reçoit un traitement spécifique. Cela permet de poser du carrelage, une peinture ou un revêtement décoratif en milieu humide sans risque de dégradation rapide. Pour une rénovation, remplacer un vieux doublage maçonné par un complexe hydrofuge BA13 H1 + isolant offre un gain de confort thermique et une meilleure tenue dans le temps.

Les plaques haute dureté, parfois appelées plaques Impact, intègrent des fibres ou une formulation densifiée qui renforce leur résistance aux chocs et améliore la tenue des fixations. Elles sont particulièrement indiquées dans les couloirs, les chambres d’enfants, les établissements scolaires, mais aussi pour les garages aménagés ou les ateliers domestiques. Si vous hésitez entre cloison OSB ou placo pour un espace où les chocs sont fréquents, la combinaison ossature métallique + plaque haute dureté peut constituer une alternative intéressante à l’OSB apparent.

En résumé, là où l’OSB mise sur la robustesse globale du panneau, le placo joue la carte de la spécialisation : hydrofuge, phonique, haute dureté, feu… À vous de choisir la gamme adaptée à chaque pièce, plutôt que d’appliquer une solution unique partout.

Mise en œuvre sur ossature métallique stil M48 et M70

Que vous optiez pour une cloison OSB ou placo, la mise en œuvre sur ossature métallique de type Stil M48 ou M70 reste aujourd’hui l’une des solutions les plus pratiques en rénovation. Ces montants et rails en acier galvanisé, proposés notamment par Placo® et largement diffusés chez les négoces (Point P, BigMat, etc.), permettent de créer des cloisons légères, droites et parfaitement adaptées au passage des réseaux (électricité, plomberie, VMC).

Dans le cas d’une cloison en placo, les plaques BA13 ou BA18 sont simplement vissées sur les montants M48 (épaisseur de cloison finie autour de 72 mm avec isolant de 45 mm) ou M70 (cloison finie d’environ 98 mm avec isolant de 70 mm). Les entraxes de 60 cm facilitent la pose des isolants en rouleaux ou en panneaux. Pour une cloison en OSB, on peut utiliser la même ossature métallique, à condition d’employer des vis adaptées au métal et de soigner le vissage pour éviter tout flambement du panneau.

Une approche de plus en plus répandue consiste à combiner les deux matériaux sur cette même ossature Stil : OSB de 12 mm d’un côté pour la fixation aisée de meubles, d’étagères ou d’outillages, et BA13 de l’autre côté pour une finition lisse. Il est également possible de poser un OSB 9 ou 12 mm puis un BA13 par-dessus, côté pièce de vie, afin de bénéficier d’un support continu sur toute la surface du mur. Cette solution évite d’avoir à chercher les montants pour fixer ultérieurement un élément lourd : vous pouvez visser partout, la résistance est assurée par l’OSB caché derrière le placo.

Vous vous interrogez sur la compatibilité acoustique et thermique de ces montages mixtes ? Les essais montrent qu’un parement double (OSB + placo) augmente la masse surfacique de la cloison et améliore donc l’affaiblissement acoustique, à condition de conserver un isolant souple dans l’ossature. En revanche, le gain thermique reste marginal par rapport au rôle principal de l’isolant. Il est donc préférable de dimensionner d’abord l’isolant (laine de verre, laine de roche, fibre de bois), puis de choisir OSB ou placo en fonction de la résistance aux chocs, de l’esthétique et des besoins de fixation.

Coûts comparatifs matériaux leroy merlin et point P

Le budget est souvent le nerf de la guerre lorsqu’il s’agit de choisir entre cloison OSB ou placo. Les grandes enseignes de bricolage comme Leroy Merlin et les négoces professionnels tels que Point P donnent une bonne indication des prix moyens du marché. En 2025, une plaque de plâtre BA13 standard 2,5 m x 1,2 m se situe généralement entre 6 et 9 € TTC chez Leroy Merlin, soit environ 2 à 3 €/m². Une plaque hydrofuge ou phonique grimpe autour de 9 à 15 €, soit 3,5 à 5 €/m².

Pour l’OSB, les panneaux OSB/3 de 12 mm d’épaisseur au format 2500 x 1250 mm se trouvent plutôt dans une fourchette de 25 à 40 € TTC la plaque chez Point P ou Leroy Merlin, soit 8 à 13 €/m². Les versions en 15 ou 18 mm peuvent dépasser 15 €/m². On le voit, le coût matière au m² est nettement plus élevé pour l’OSB que pour le placo standard. Cependant, cette différence doit être nuancée en tenant compte de la main-d’œuvre et des fournitures annexes (enduits, bandes, peinture).

En effet, une cloison en placo nécessite la réalisation de joints, plusieurs passes d’enduit, un ponçage et souvent une impression avant peinture. Ces étapes représentent un temps non négligeable pour un artisan comme pour un bricoleur. À l’inverse, des panneaux OSB laissés bruts ou simplement vernis demandent très peu de finitions, ce qui peut compenser une partie du surcoût d’achat. Sur un projet d’atelier, de garage ou de combles au style brut, l’économie de temps devient un argument fort en faveur de l’OSB.

Chez Point P, les systèmes complets de cloison placo (ossature Stil, isolant, plaques) sont souvent proposés sous forme de devis global au m², avec des prix fourniture tournant autour de 20 à 35 €/m² selon les performances recherchées. Un système similaire avec OSB (ossature + isolant + OSB/3) peut rapidement atteindre 30 à 50 €/m² de fourniture. Pour un particulier, une bonne stratégie consiste donc à réserver l’OSB aux zones nécessitant une forte résistance mécanique (mur de rangement, atelier, cloison de garage aménagé) et à privilégier le placo dans les pièces de vie pour maîtriser le budget.

Performance thermique λ et résistance R en doublage isolant

Sur le plan thermique, ni l’OSB ni le placo ne sont des isolants à proprement parler. Leur conductivité thermique λ se situe autour de 0,13 à 0,18 W/m.K pour le plâtre et de 0,13 à 0,15 W/m.K pour l’OSB, des valeurs relativement proches. À titre de comparaison, une laine minérale performante affiche un λ de 0,032 à 0,040 W/m.K. Autrement dit, c’est bien l’isolant placé dans ou derrière la cloison qui assure l’essentiel de la résistance thermique R, et non le choix entre cloison OSB ou placo.

Dans un doublage isolant standard sur mur existant, une laine de verre de 120 mm (λ = 0,035 W/m.K) apporte déjà une résistance thermique R d’environ 3,4 m².K/W. Le parement OSB de 12 mm n’ajoute qu’environ 0,08 m².K/W, et une plaque de BA13 encore un peu moins. Vous voyez que, thermiquement, l’impact du parement est marginal, même si l’OSB, légèrement plus « isolant » que le plâtre à épaisseur égale, peut contribuer de façon symbolique à la performance globale.

En revanche, l’inertie et le déphasage thermique peuvent différer légèrement. L’OSB, plus dense et plus « bois », stocke une petite quantité de chaleur et la restitue plus lentement qu’une plaque de plâtre. Dans des combles aménageables, cette capacité de déphasage, conjuguée à une isolation en fibre de bois par exemple, peut améliorer le confort d’été. À l’inverse, le placo, plus neutre, se contente d’être un bon support pour l’isolant sans influencer fortement la dynamique thermique.

Pour optimiser la performance énergétique de votre rénovation, la priorité reste donc le choix de l’isolant (épaisseur, λ, continuité, traitement des ponts thermiques) et la qualité de la mise en œuvre (pare-vapeur côté chaud, étanchéité à l’air, jonctions périphériques). Une fois ces paramètres fixés, vous pouvez décider sereinement si l’esthétique bois de l’OSB ou la finition lisse du placo s’intègrent mieux à votre projet, sans craindre un impact majeur sur la performance thermique globale.

Applications spécifiques combles aménageables et mezzanines industrielles

C’est dans les projets concrets que le choix entre cloison OSB ou placo prend tout son sens. Les combles aménageables constituent un cas d’école : volumes parfois réduits, rampants de toiture, besoin d’isolation renforcée, esthétique chaleureuse recherchée. Dans ce contexte, de nombreux propriétaires se tournent vers l’OSB pour habiller les murs et rampants, profitant du rendu bois brut et de la facilité de fixation de rangements ou de cloisons légères. Associé à une laine de verre de 200 mm ou à une fibre de bois, l’OSB permet de créer des espaces cosy rappelant les chalets de montagne.

Le placo garde toutefois de sérieux atouts en combles : il permet d’obtenir des parois parfaitement lisses, idéales pour agrandir visuellement l’espace par une peinture claire. Sur des rampants complexes, les bandes à joint masquent les irrégularités, là où l’OSB révèle chaque défaut de planéité. Une solution hybride, très en vogue, consiste à habiller certains pans de mur ou de pignon en OSB apparent (tête de lit, mur de bureau) et à conserver le placo sur le reste des surfaces. Vous jouez ainsi sur les contrastes de textures tout en gardant un budget maîtrisé.

Dans le cadre de mezzanines industrielles, d’ateliers ou de locaux techniques, l’OSB prend une nette longueur d’avance. Sa résistance aux chocs, sa capacité à reprendre des efforts de contreventement et la facilité de fixation de charges lourdes (rayonnages, machines légères, garde-corps) en font un matériau particulièrement adapté. Sur une structure métallique ou bois, des panneaux OSB/3 de 15 ou 18 mm assurent un voile rigide, là où des plaques de plâtre seraient beaucoup trop fragiles et n’apporteraient aucune fonction structurelle.

Dans ces environnements plus exigeants, il n’est pas rare de voir des montages combinant planchers OSB, cloisons mixtes OSB + placo et protections locales en plaques haute dureté. L’objectif est alors de trouver le bon équilibre entre conformité réglementaire (incendie, acoustique), robustesse et coûts. Pour votre propre projet, posez-vous la question : avez-vous besoin avant tout de solidité et de fixations sans contraintes, ou bien d’une finition impeccable prête à peindre ? La réponse conditionnera naturellement le choix du matériau de cloison, OSB, placo… ou une association intelligente des deux.